Et, si le spa était l’un des leviers de performance les plus sous-exploités de l’hôtellerie de luxe ?
Mon invitée du jour en est convaincue — et elle l’a prouvé sur le terrain.
Charlotte Cointement est Senior Spa Director pour la région EMEA chez Four Seasons.
Elle supervise aujourd’hui plusieurs spas Four Seasons.
Mais, ce qui rend son parcours vraiment unique, c’est qu’elle a commencé par les chambres avant de basculer dans l’univers du bien-être.
J’ai rencontré Charlotte au Congrès International Esthétique & Spa, organisé par Laure Jeandemange — que j’ai reçue à ce micro.
Aujourd’hui, nous allons parler biohacking, intégration des technologies dans le SPA et performance bien-sûr.
Longtemps perçu comme un centre de coûts ou un simple service annexe, le spa s’affirme aujourd’hui comme un pilier stratégique de l’hôtellerie de luxe. Dans cet épisode, Charlotte Cointement, « bébé Four Seasons » depuis 13 ans, nous plonge dans l’univers du biohacking et de l’excellence opérationnelle.
Le Biohacking : « Hacker » son corps pour mieux vieillir
Le concept de biohacking, bien que technique, est simple : il s’agit de prendre le contrôle de son corps pour améliorer sa santé et sa longévité. Dans un spa, cela consiste à intégrer des protocoles technologiques aux soins manuels pour en décupler les bénéfices.
Au Grand-Hôtel du Cap-Ferrat, Charlotte a introduit trois technologies clés :
- Le lit de flottaison à sec : Pour une relaxation musculaire et mentale totale en état d’apesanteur.
- La photobiomodulation (LED) : Utilisée pour la régénération cellulaire, la récupération sportive et la stimulation du collagène.
- La pressothérapie (ou pulsothérapie) : Des bottes gonflables pour relancer la circulation sanguine, idéales pour une clientèle internationale sujette au jet-lag.
Rentabilité et ROI : Le Spa comme centre de profit
L’intégration de ces technologies ne répond pas seulement à une tendance, elle suit une logique de performance économique rigoureuse. Charlotte démontre que le retour sur investissement (ROI) est tangible :
- Amortissement rapide : Son lit de flottaison a été entièrement amorti dès la première saison.
- Augmentation du prix moyen : L’ajout de technologies en « add-on » (comme la LED lors d’un soin visage) fait grimper mécaniquement le panier moyen.
- Optimisation de la masse salariale : La technologie permet de générer des revenus sans mobiliser systématiquement un thérapeute. Par exemple, proposer une séance de bottes de pressothérapie en parallèle d’un massage permet de doubler les revenus sur un même créneau horaire sans personnel supplémentaire.
Un parcours atypique : des étages au bien-être
Le parcours de Charlotte est un exemple inspirant de mobilité interne au sein du groupe Four Seasons. Elle a débuté par six ans au housekeeping (gouvernante) avant de passer par les Guest Relations. C’est en courant 10 km chaque mardi avec la directrice du spa qu’elle a découvert ce milieu et a fini par obtenir un poste d’assistante, prouvant que les compétences de gestion opérationnelle (plannings, procédures) sont transférables d’un département à l’autre.
Aujourd’hui, elle supervise plusieurs établissements (Cap-Ferrat, Megève) et a participé au lancement du premier Yacht Four Seasons, où elle a formé des équipes multiculturelles à la culture d’excellence du groupe.
Management : fidéliser par le développement des compétences
Dans des établissements saisonniers comme celui du Cap-Ferrat, la rétention des talents est un défi majeur. Charlotte affiche un taux de rétention exceptionnel de 80 % depuis trois saisons. Son secret ? L’investissement massif dans la formation.
En formant ses thérapeutes à des méthodes haut de gamme et très demandées, comme le drainage lymphatique Renata Franca, elle crée un système « gagnant-gagnant » : l’employé valorise son CV et l’hôtel vend des soins à forte marge. Pour elle, le rôle du manager est d’être un facilitateur qui accompagne ses experts vers l’évolution.
L’expérience collaborateur au cœur du dispositif
Charlotte insiste sur le fait que les équipes doivent être les premières ambassadrices des technologies. Elle permet ainsi à ses collaborateurs d’utiliser les outils de biohacking (comme les bottes de pressothérapie) après leur service pour leur propre récupération. Cette approche renforce non seulement l’expertise du personnel, capable de mieux vendre le produit, mais améliore aussi considérablement la marque employeur.
Le bonus de l'épisode
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Notes et références
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