Ouvrir 14 hôtels en 3 ans : la méthode Alfred Hotels, avec Boris Roques Rogery

Il y a des entrepreneurs qui cherchent à réinventer l’hôtellerie.

Et puis il y a ceux qui décident simplement de mieux l’exécuter.

14 hôtels ouverts en 3 ans. Plus de 120 millions d’euros levés. Une ambition affichée : 100 hôtels d’ici 2035.

Derrière cette croissance rapide, il n’y a ni concept révolutionnaire, ni effet de mode. Il y a une obsession : l’excellence opérationnelle.

Boris Roques Rogery est co-fondateur et Président d’Alfred Hotels. Après plus de dix ans chez Hyatt, il lance sa propre marque dans un contexte post-Covid, sur un marché déjà saturé.

Dans cet épisode, nous allons parler croissance, stratégie, excellence opérationnelle et financière.

Alfred Hôtels ne cherche pas à réinventer la roue, mais à atteindre l’excellence opérationnelle sur un segment délaissé : le milieu de gamme.

La genèse : une opportunité dans le « désert » du 3 étoiles

Le constat de Boris est né d’une frustration partagée par de nombreux voyageurs d’affaires en province : une offre 3 étoiles dominée par de grandes chaînes standardisées (Ibis, Kyriad, Campanile) offrant parfois des expériences « déprimantes ».

En interrogeant plus de 500 personnes, l’équipe d’Alfred Hôtels a identifié une attente claire : arrêter de vendre du rêve non réalisé. Les clients demandent avant tout du confort, de la sécurité et du service pour un prix juste (autour de 100-120 €). C’est ainsi qu’est née la philosophie d’Alfred : « Le moins mais mieux ». La marque se concentre sur des essentiels de niveau 5 étoiles : une literie parfaite, un petit-déjeuner mémorable, une localisation centrale et un service efficace.

Une stratégie financière agile : du « Deal by Deal » au Club Deal

L’aventure n’a pas été linéaire. Boris raconte avoir commencé avec seulement 6 000 € sur son compte et une offre d’achat (non finalisée) faite sur Google pour un hôtel à Toulouse. La structure s’est réellement solidifiée grâce à l’association de profils complémentaires : Loïc, l’alter ego structuré, et Bertrand, expert en développement international.

Pour financer cette croissance, le groupe a pivoté d’un modèle de foncière classique vers le Club Deal. Ce montage permet à des investisseurs privés ou des family offices d’investir projet par projet (« deal by deal »), offrant une plus grande transparence sur la destination (Toulouse, Biarritz, Compiègne, etc.). La confiance des partenaires comme Braxton a été gagnée par les résultats : à Compiègne, le premier hôtel a vu son excédent brut d’exploitation (EBITDA) passer de 30 000 € à 150 000 € en moins d’un an.

Le facteur humain : un turnover record de 4,5 %

L’un des chiffres les plus impressionnants d’Alfred Hôtels est son taux de turnover de 4,5 %, là où la moyenne nationale du secteur oscille entre 30 et 35 %. Cette fidélité repose sur trois piliers :

  1. La reconnaissance financière : Un système de primes mensuelles (100 à 200 €) indexées directement sur la satisfaction client. Si un client laisse une note de 9 ou 10 sur un point précis (accueil, propreté), la prime tombe automatiquement dans la poche du collaborateur concerné.
  2. La technologie au service de l’humain : Une application interne (sorte de Facebook d’entreprise) permet de briser l’isolement géographique des hôtels, de diffuser les process de formation via des vidéos et d’organiser des quiz inter-hôtels.
  3. La présence terrain : Les équipes RH réalisent des audits tous les quatre mois pour écouter chaque collaborateur.

L’IA comme « Orchestrateur » de l’expérience client

Alfred Hôtels utilise l’Intelligence Artificielle non pas pour remplacer l’humain, mais pour supprimer les tâches irritantes. Un système d’orchestration traite les questions récurrentes avant le séjour, permettant au réceptionniste de se concentrer sur l’accueil physique.

Ce système permet également de traiter 100 % des plaintes en moins de 45 minutes. En collectant des feedbacks ultra-détaillés en post-séjour, la marque parvient à transformer des clients potentiellement insatisfaits en promoteurs, ce qui propulse leurs établissements au rang de numéro 1 sur TripAdvisor dans presque toutes leurs destinations.

Vision 2035 : vers les 100 hôtels

Pour atteindre son objectif de 100 hôtels, Alfred Hôtels mise désormais sur le contrat de management. Le groupe propose aux propriétaires d’hôtels indépendants de reprendre la gestion de leur établissement, de financer et piloter les travaux de rénovation, tout en garantissant une hausse de la rentabilité grâce à la force de la marque.

 

« Just do it ». Arrêtez de parler, exécutez et surtout, parlez de votre projet autour de vous, car c’est ainsi que les opportunités et les associés se rencontrent.

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