“Faut-il vraiment un SPA pour rendre son hôtel attractif en 2026 ?” avec SPA de Beauté

En avril 2026, j’ai eu l’honneur d’animer une conférence intitulée : « Faut-il vraiment un spa pour rendre votre hôtel attractif en 2026 ? », à l’occasion du Congrès International Esthétique & SPA et avec la participation de Florence Kowalski, Valérie Le Guil et Florian Bitker.

Le Spa en 2026 : D’un centre de coûts à un moteur de rentabilité stratégique

Longtemps considéré par les hôteliers comme un mal nécessaire ou un gouffre financier, le spa est en train de vivre une révolution profonde. Lors de cette conférence, les experts ont démontré qu’en 2026, le spa n’est plus seulement une option pour obtenir des étoiles, mais un véritable centre de profit capable de transformer l’économie d’un établissement.

Un changement de paradigme : gagner de l’argent avec le bien-être

La première croyance à briser est celle qu’un spa ne peut pas être rentable. Aujourd’hui, les hôteliers comprennent que le bien-être est un service à part entière qui nécessite un management et un budget dédiés.

  • Attentes clients : Le public ne cherche plus seulement un massage, mais un endroit pour « prendre le temps de vivre », se préserver du stress, ou vivre des expériences collectives (entre amis, enterrements de vie de jeune fille).
  • Santé globale : La tendance s’oriente vers le « biohacking », la nutrition et l’amélioration du sommeil, des domaines où le spa a une réponse concrète à apporter.

Le « Spa de poche » : la stratégie gagnante en milieu urbain

Florian Bitker a partagé une approche novatrice pour les hôtels citadins : valoriser chaque mètre carré en sous-sol. Plutôt que de grands espaces communs, il préconise la création d’espaces privatifs (ou « cubes ») de 20 à 30 m².

  • Le concept : Une cabine privatisée avec jacuzzi, sauna et douche, louée à l’heure.
  • Rentabilité : Un investissement de moins de 50 000 € par cube peut générer jusqu’à 100 000 € de chiffre d’affaires annuel. Ces espaces affichent des taux d’occupation records (jusqu’à 92 %) car « l’égoïsme se paie » : les clients sont prêts à payer cher pour être seuls.
  • Agilité : Ces installations ne sont pas encastrées, ce qui permet de faire évoluer le concept (remplacer un sauna par un bain nordique) sans gros travaux.

Le Spa comme moteur de survie en région

Valérie Le Guern, propriétaire du Château Les Garennes dans le Finistère, a démontré l’impact vital du spa pour un établissement saisonnier. Dans une région qui ne vit normalement que 6 mois par an, son hôtel reste ouvert toute l’année grâce au spa, qui représente plus de 50 % du chiffre d’affaires en hiver.

  • La force du local : Le spa permet d’attirer une clientèle de proximité qui fait vivre l’hôtel en semaine et durant la basse saison.
  • Les bons cadeaux : Un levier financier massif. À titre d’exemple, l’établissement réalise 100 000 € de chiffre d’affaires uniquement en bons cadeaux durant la période de Noël, assurant ainsi de la trésorerie pour l’année suivante.

L’art de l’upsell et du packaging

Pour maximiser les revenus, le spa doit être intégré dans un écosystème global.

  • Le Call Center : Valérie Le Guern a professionnalisé la prise de réservation en créant un poste dédié au « call center ». En deux mois, cette personne a été rentabilisée grâce aux ventes additionnelles (proposer systématiquement un massage lors d’une réservation de chambre).
  • Offres combinées : Le spa devient un produit d’appel pour d’autres services : « Brunch & Spa », « Tea Time & Spa », ou encore des abonnements incluant des séances de Pilates réformeur.

Management et storytelling : les clés du succès

Pour qu’un spa réussisse, il doit avoir une âme et être « instagrammable ». Florence Kovalski insiste sur l’importance de placer la Spa Manager au même niveau que le responsable F&B ou hébergement dans l’organigramme. Elle ne doit plus être vue comme une simple praticienne, mais comme une gestionnaire de business comprenant ses ratios de rentabilité.

Quelques chiffres clés retenus de la conférence :

  • Chiffre d’affaires par cabine : Jusqu’à 12 000 € en août et 9 000 € en janvier (basse saison).
  • Réduction des coûts : En privatisant les espaces, on réduit drastiquement la consommation de linge et d’énergie.
  • Digitalisation : L’utilisation de plateformes comme Staycation ou Dayuse permet de remplir les créneaux creux de la journée (Day-use) sans effort commercial interne majeur.

 

En 2026, la réponse à la question posée est un oui massif, à condition que le spa soit pensé comme un centre de profit autonome, avec une identité forte et une exécution opérationnelle rigoureuse. Comme le résume Florian Bitker, il s’agit de passer d’une hôtellerie qui « vend des chambres » à une hôtellerie qui « valorise l’expérience du mètre carré ».

Bonus : focus sur les bons cadeaux

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